Bassin de la baie d'Hudson (Rivière Moose)

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Les basses terres de la Baie d’Hudson sont l’expression méridionale d’un bassin sédimentaire centré sur la baie d’Hudson. Le bassin, dont la superficie terrestre est d’environ 250 000 kilomètres carrés, est limité au sud et à l’ouest par les roches du Bouclier canadien. Il couvre une grande étendue en Ontario, ainsi que des secteurs plus restreints au Manitoba et dans la région de la baie James au Québec. Le pergélisol marque la limite nord de la région. La région est peu densément peuplée et possède peu d’industries.

Le climat est continental et est fortement influencé par les masses d’air froid et humide en provenance de la baie d’Hudson et de l’Arctique. Il est caractérisé par de courts étés frais et de longs hivers froids. La température moyenne annuelle varie de -4 à -2 degrés Celsius, mais se rapproche davantage de -7 degrés Celsius au Manitoba. Les précipitations annuelles moyennes avoisinent les 400 à 800 millimètres et augmentent du nord-ouest vers le sud-est. La région couvre la plus grande superficie de terres organiques au monde, puisque jusqu’à 75 pour cent de sa superficie est constituée de terres humides. Les secteurs moins bien drainés sont caractérisés par une dense couverture de carex, de mousse et de lichen, tandis que les secteurs mieux drainés, mais moins répandus sont peuplés de forêts clairsemées d’épinettes noires et de mélèzes laricins. Des épinettes noires couvrent les plages suspendues, tandis que les dépressions sont remplies de tourbières minérotrophes et oligotrophe.

Les basses terres de la baie d’Hudson s’élèvent doucement depuis le niveau de la mer jusqu’à environ 120 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans une région de faible relief et de mauvais drainage. Une série de crêtes de plage jalonnent l’intérieur des terres et forment un élément topographique marquant dans la région. Quelques buttes rocheuses isolées pénètrent la couverture superficielle; le chaînon Sutton d’âge précambrien s’élève à 150 mètres au-dessus des terrains environnants. Le faible relief est attribuable aux strates sédimentaires quasi horizontales des bassins de la baie d’Hudson et de la rivière Moose, qui ont une épaisseur atteignant 1500 mètres et 900 mètres respectivement. Les roches carbonatées sont prédominantes dans les deux bassins. Dans le bassin de la rivière Moose, les lits sont constitués de sédiments clastiques faiblement consolidés, avec de la pélite kaolinitique et du lignite par endroits. La succession sédimentaire est recoupée par de nombreuses intrusions, dont certaines sont kimberlitiques. Le till forme un recouvrement semi-continu qui est considérablement plus épais que dans la région du Bouclier canadien. De grandes vallées enfouies ont été remplies de plus de 60 mètres de sédiments, atteignant dans certains cas jusqu’à 145 mètres. Les dépôts superficiels sont généralement composés d’argile et de sable glaciomarins.

Hydrogéologie

Les unités d’argile glaciolacustre et glaciomarine et les tills forment des aquitards régionaux, alors que les mudstones riches en kaolinite et le lignite forment un aquitard local dans le bassin de la rivière Moose. L’eau souterraine s’écoule principalement le long de diaclases, de failles, de fractures et de plans de stratification. Les karsts, où l’eau circule dans de plus grandes ouvertures, peuvent être assez répandus. L’eau souterraine interagit avec l’eau de surface : 1) où l’eau souterraine peu profonde se déverse à l’interface tourbe-sédiment; et 2) où la tourbe recouvre des sables et des graviers sous-jacents. À des profondeurs intermédiaires, l’eau souterraine s’évacue le long de l’interface entre le socle et les sédiments, tandis que l’eau souterraine plus profonde se déverse des aquifères rocheux dans les grands cours d’eau.